Le cheval, mon professeur

Tout a commencé par une simple curiosité. Je me suis surpris à m'interroger sur la relation entre un cheval et son cavalier. S'agissait-il d'un partenariat, d'une question de contrôle, ou bien de quelque chose de plus complexe que l'un ou l'autre ?

Quelques mois plus tard, j'ai rencontré deux personnes dont le lien avec leurs chevaux m'a immédiatement frappé. Il n'y avait ni contrainte, ni ordre apparent, ni mise en scène. Ce que j'ai vu, c'était plutôt une complicité tranquille, quelque chose qui semblait presque invisible mais indéniablement présent. Ce moment m'est resté en mémoire et a continué à se révéler au fil du temps.

Finalement, je suis tombé sur les travaux de Chris Irwin, qui décrivait cette relation comme une « dictature romantique ». Cette expression m’a frappé, car elle renfermait une contradiction qui sonnait juste. Elle remettait en cause l’idée selon laquelle le cavalier aurait simplement le contrôle, et mettait plutôt en lumière quelque chose de bien plus subtil et exigeant.

Un cheval ne réagit pas aux ordres comme nous l'imaginons. Il réagit à la présence, à la tension, à l'hésitation, à l'intention. Tout ce qui n'est pas dit est compris. On ne peut pas dissimuler son incertitude ni imposer une clarté là où elle n'existe pas. Le cheval reflète ce qui est là, et non ce que l'on prétend qu'il y a.

Melissa & Skylar

Au fil du temps, j’ai commencé à comprendre que le cheval n’est pas dressé au sens traditionnel du terme. C’est lui qui vous révèle. Vos incohérences, votre impatience, votre besoin de contrôle. Et lorsque celles-ci commencent à s’estomper, quelque chose d’autre prend leur place : la confiance, la clarté et une sorte de sérénité qui ne peut être forcée.

Cela a changé ma façon d'aborder la photographie. Une personne face à l'objectif n'est pas si différente. Elle réagit à ce qui est présent, et non à ce qui est dit. Si elle se sent sous pression, elle se referme. Si on lui demande de jouer un rôle, elle joue la comédie. Mais lorsqu'on lui accorde de l'attention, sans contrainte ni attente, quelque chose d'authentique commence à émerger.

Le travail ne consiste pas à diriger. Il s'agit de voir clairement et de laisser émerger ce qui est déjà là.

C'est le cheval qui m'a appris ça.

PRATIQUE EN STUDIO

JÉRÔME — Le portrait comme art
Œuvre originale multimédia · Portrait monochrome

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