Être parent

Portrait de studio en noir et blanc d'une fille adulte assise de face, regardant l'appareil photo, tandis que sa mère et son père se tiennent derrière elle, se penchant et regardant vers elle avec des expressions douces.
Une fille adulte maintenue doucement dans l'orbite tranquille de l'amour de ses parents.

Quand je suis devenu parent, j’ai réalisé à quel point j’en savais peu. On ne peut pas vraiment s’y préparer. On commence avec ce qu’on a vu, ce qu’on a vécu, ce qu’on pense qui pourrait marcher, et très vite, on comprend que rien de tout cela ne s’applique vraiment. On s’adapte, on se remet en question, on réessaie, et au milieu de tout ça, quelque chose d’autre prend forme. Pas une certitude, mais une responsabilité. Une conscience tranquille que ce qu’on fait a de l’importance, même quand on ne comprend pas tout à fait pourquoi.

La plupart des parents portent ce fardeau. Cela ne se voit pas toujours. De l’extérieur, les familles peuvent paraître sereines, voire détendues, mais en réalité, il y a souvent une lutte permanente. Est-ce que je m’y prends bien ? Est-ce que j’en fais assez ? Est-ce que je passe à côté de quelque chose ? Il y a de l’amour dans cette incertitude. Pas le genre d’amour qui s’affiche clairement, mais celui qui se vit à travers de petites décisions, répétées chaque jour. Il se manifeste dans la façon dont un parent est attentif, même quand il est fatigué, dans la façon dont il fait de la place, même quand il n’est pas sûr de lui.

Voici ce que je perçois dans la photographie de portrait de famille. Ni la perfection, ni la mise en scène, mais quelque chose de plus discret. Au début, on s’efforce souvent de tout organiser, de s’assurer que tout le monde soit bien en place, se comporte bien, reste immobile. C’est compréhensible. Nous avons l’habitude de penser qu’une bonne photo est le fruit d’un contrôle. Mais cet effort tient rarement longtemps. Les enfants bougent, les parents réagissent, quelque chose change, et c’est dans ce changement qu’apparaît quelque chose de plus authentique.

Un regard, un geste, un moment d’attention qui n’est ni mis en scène ni prévu. Il ne s’annonce pas et passe rapidement, mais lorsqu’on le perçoit, il recèle quelque chose que les moments mis en scène n’ont pas. Il incarne la relation, non pas comme une idée, mais comme quelque chose de tangible.

Avec le temps, ces moments deviennent difficiles à se remémorer avec précision. Les jours passent, les années s’écoulent, et il ne reste qu’un sentiment que tout cela s’est produit, sans qu’on puisse toujours le mettre du doigt. Un portrait peut immortaliser l’un de ces moments. Non pas pour prouver quoi que ce soit, ni pour montrer que tout était parfait, mais pour donner forme à quelque chose qui a été vécu et qui, sans cela, passerait peut-être inaperçu.

Lorsque cela se produit, l'image ne dépend plus du fait qu'on l'apprécie ou non. Elle acquiert une présence propre et, ce faisant, devient bien plus qu'une simple photographie. Elle s'inscrit dans la mémoire collective de la famille.

PRATIQUE EN STUDIO

JÉRÔME — Le portrait comme art
Œuvre originale multimédia · Portrait monochrome

Quartier du designde Miami
Yorkville, Toronto
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(desservantMontréal)

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