Matériel et mémoire : sur la nature physique d'un portrait

 

Une photographie est un instant de lumière.
Un portrait, s'il veut durer, doit porter le temps.

Mon passage au mixed media n'est pas né d'un désir d'élargir ma palette technique ou d'offrir davantage de variété. Il est né d'une insatisfaction silencieuse face à la légèreté de l'image numérique. Un fichier pouvait être précis, voire magnifique, mais il restait détaché, reproductible à l'infini, insensible à toute résistance, incapable de vieillir aux côtés des personnes qu'il représentait.

Ce que je recherchais, ce n'était pas un nouveau style, mais la gravité.

L'introduction d'huile, de cire et de pigments sur un support photographique à base d'argent n'était pas une expérience. C'était une fatalité. Un portrait qui prétend parler d'héritage doit lui-même être un objet physique, qui occupe de l'espace, réagit à la lumière et porte les marques du temps. La matière n'est pas une décoration. Elle est significative.

Chaque étude multimédia commence par un portrait photographique soigneusement éclairé, composé et résolu en noir et blanc. À partir de là, le travail ralentit. Les pigments sont introduits avec parcimonie. La cire scelle et protège. La texture émerge non pas comme un geste, mais comme une structure. Il ne s'agit pas d'embellissement, mais d'un processus additif discipliné.

Ce qui change, ce n'est pas seulement la surface, mais aussi la manière dont l'œuvre est perçue.

Œuvre d'art mixte en noir et blanc représentant une mère berçant doucement sa petite fille, créée par l'artiste portraitiste Jérôme Scullino.

La lumière se comporte différemment selon les couches d'une œuvre. Un coup de pinceau capture le soleil matinal dans un studio de Toronto. Une surface mate absorbe l'humidité d'un après-midi à Miami. L'œuvre ne reste pas visuellement statique. Elle réagit à son environnement, tout comme le sujet le faisait autrefois. De cette manière, le portrait devient moins une image qu'un objet présent.

Ces œuvres ne sont pas destinées à être consommées rapidement. Elles sont conçues pour être vécues au quotidien.

Un portrait réalisé à partir de techniques mixtes exige quelque chose du spectateur. Il exige de la proximité. De la patience. Une volonté de s'intéresser à la matérialité avant le sens. L'œil perçoit la texture avant l'expression, la surface avant l'histoire. Ce n'est qu'alors que le portrait se révèle pleinement.

C'est là que la photographie devient objet.

Pour le collectionneur, cette distinction est importante. Une image numérique représente un instant. Un portrait physique devient un témoignage — de présence, d'attention, d'intention. Il ne représente pas seulement la ressemblance d'une personne, mais aussi la preuve qu'il a été réalisé à la main, au fil du temps, avec retenue.

Le médium mixte n'est pas une rupture avec la photographie. Il en est l'aboutissement.

 

PRATIQUE EN STUDIO

JÉRÔME — Photographe portraitiste primé
Art multimédia original · Portraits monochromes

Studio de portraitsMiami Design District
Studio de portraits Yorkville, Toronto
Commandes de portraitsà Ottawa et Mont-Tremblant
(desservantMontréal)

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